André Héléna, l’auteur aux mille pseudos

access_time Publié le 22/03/2022.

Narbonnais de naissance mais surtout Leucatois, André Héléna a signé bon nombre de romans noirs ou policiers. Drôle de parcours pour un auteur à la fois méconnu et élevé au rang de « maître à tous » par les spécialistes.

Il écrivait beaucoup, vivait chichement et adorait se ressourcer au pied de la falaise. Noël Vexin, Andy Ellen, Andy Helen, Buddy Wesson, Maureen Sullivan, Kathy Woodfield, Herbert Smally, Jean Zerbibe, Sznolock Lazslo, Robert Tachet, Clark Corrados, Peter Colombo, Alex Cadourcy, Trehall, Joseph Benoist, Lemmy West et C. Cailleaux. Autant d’auteurs que l’on peut dénicher dans les rayons des bibliothèques.

Surprise : tous ne font qu’un ! Sous cette succession de pseudonymes se cache un seul et même romancier : André Héléna, né le 7 avril 1919 à Narbonne et mort le 18 novembre 1972 à Leucate, où il a passé une grande partie de sa vie.
Ecrivain français, auteur prolifique de romans noirs et policiers (et même de quelques romans érotiques), André Héléna était le fils de Philippe Héléna, conservateur de la bibliothèque et du musée archéologique de Narbonne.

Après une enfance heureuse, André Héléna choisit de suivre sa mère à la suite du divorce de ses parents. Ils ne partent pas bien loin puisqu’ils s’en vont s’installer à Leucate où la famille maternelle possède une maison et quelques vignes.

Le cinéma, sa passion

A l’âge de 17 ans, en 1936, André Héléna monte à Paris avec un espoir chevillé au corps : jouer ou écrire pour le cinéma. Grâce au réalisateur Henri Diamant-Berger qui le prend comme assistant non rémunéré, il fait ses premiers pas sur le tournage du film Arsène Lupin détective. Las, l’expérience n’ira guère plus loin. Il regrettera toujours que ses romans, qui pourtant semblaient s’y prêter, n’aient pas servi la cause du grand écran.

Le cinéma est sa vraie passion et c’est pourtant dans l’écriture qu’André Héléna va s’illustrer. Il connaît le côté pile du romancier. Ecrire, écrire pour payer les loyers et justifier les avances concédées par les éditeurs. Il fréquente les chambres d’hôtels, les modestes meublés ou encore les studios tandis que ses premiers romans paraissent aux éditions Ditis. Nul n’est prophète en son pays, dit-on.

Le Leucatois peut en témoigner, lui qui est un des rares auteurs policiers français à être traduit aux États-Unis et qui, en Allemagne, est considéré comme l’un des auteurs fondateurs du Roman noir.

« Ses livres fourmillent de cadavres qui ressuscitent »

Du roman « Les flics ont toujours raison » à celui appelé « A l’article de la mort » en passant par « Passeport pour l’au-delà » ou encore « En cavale », Héléna séduit les spécialistes du genre. Ainsi, dans les bonnes gazettes, on peut lire :
« Son talent n’en était que plus éclatant. Doué du sens inné du suspense, de la verve populaire, du don d’observation, il
y ajouta un style naturel inimitable et resté inimité. Je ne voudrais pas médire du talent ni dénigrer les qualités de quelques auteurs présentés depuis des années comme les maîtres du roman noir. Mais il ne serait que justice que l’on reconnût enfin qu’André Héléna fut leur maître à tous. »

Certes, il lui arrive de se battre contre la montre, de bâcler ses récits et de sortir quatre romans en un mois, mais il reste une sorte d’orfèvre. « Le pastis lui tenait lieu de soleil, mais dans son œuvre il n’arrêtait pas de pleuvoir… Il se mettait à la machine à écrire comme d’autres au piano et tentait de composer la symphonie de sa nuit. Mais tout se brouillait dans sa tête, ses livres fourmillent de cadavres qui ressuscitent, et des inconnus interviennent sans prévenir dans l’action qui se traîne, mélangent le tout et disparaissent sans avoir rien résolu », dit de lui le journaliste Yvan Audouard. Parole d’expert…

Une fois coscénariste

En 1955, sort au cinéma « Interdit de séjour » de Maurice de Canonge avec notamment Robert Dalban et Michel Piccoli. André Héléna en a signé le scénario en collaboration avec Simone Sauvage et Albert Simonin qui, plus tard, écrira avec Michel Audiard un film qui n’est pas passé inaperçu :  » Les tontons flingueurs « .

Une courte biographie d’André Héléna figure dans la bande dessinée « La foire aux frisés » signée par Jean-Michel Arroyo (dessin) et Jacques Hiron (auteur et Leucatois), parue en 2003 avec également un passage historique sur Leucate durant la Seconde Guerre mondiale. On peut également en savoir plus sur le romancier leucatois en lisant « André Héléna, les secrets d’un auteur de romans noirs », paru en 2000 sous la plume de Franck Evrard aux éditions Bier-Press.

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