Une application pour renforcer la sécurité, Narbonne mise sur l’intelligence collective

access_time Publié le 05/01/2026.

La Ville de Narbonne vient de rejoindre le dispositif Voisins vigilants et solidaires, une application citoyenne destinée à renforcer la sécurité, la solidarité et le lien social dans les quartiers. C’est d’ores et déjà effectif !

« La tranquillité publique n’est pas un confort. C’est un droit. » La phrase claque. Ce lundi 5 janvier, Bertrand Malquier la pose comme un cadre pour présenter le nouvel outil de l’arsenal municipal face à l’insécurité : Voisins vigilants et solidaires. Une application et une conviction pour le maire de la ville : la sécurité du quotidien ne se joue pas seulement dans les commissariats ou les centres de supervision (140 caméras sont installées à Narbonne), mais aussi au pied des immeubles, dans les rues, entre habitants.

Une application dans la poche

Nous l’annoncions en septembre, c’est désormais effectif : les Narbonnais peuvent dès à présent utiliser l’application gratuite « Voisins vigilants et solidaires ». Disponible sur Android et iOS, elle permet de signaler en temps réel des situations préoccupantes ou partager des informations utiles à l’échelle de leur quartier. Un pictogramme. Une alerte géolocalisée. Et l’information circule dans le quartier. Une démarche qui s’inscrit dans « une logique de prévention, de proximité et de responsabilité collective », pour le premier magistrat.

Concrètement, l’application permet aux habitants d’émettre des alertes géolocalisées à l’aide de pictogrammes prédéfinis : comportement suspect, cambriolage, vol, dégradation, rodéo urbain, incendie, météo dangereuse, mais aussi écologie ou solidarité. Ces alertes sont visibles par les autres utilisateurs situés à proximité, favorisant une réaction rapide et collective. Mais aussi par la police municipale. Qui peut également envoyer des messages aux habitants de tout un quartier.

À Narbonne, le dispositif est déployé à l’échelle des huit conseils citoyens. Pas de flux global et anonyme : chaque secteur reçoit ses propres informations. Les messages sont également visibles en temps réel par la police municipale. La Ville insiste toutefois : l’application ne remplace pas les numéros d’urgence. En cas de danger immédiat, on appelle toujours le 17, le 18 ou le 112.

Accompagné du chef de la police municipale, Steve Gonzales, et du directeur de la sécurité et de la tranquillité publique, Michel Ricard, Bertrand Malquier a tenu à préciser : « Nous complétons, nous additionnons les outils. Voisins vigilants vient en complément de l’existant : des dispositifs de caméras de surveillance, des différentes brigades de la police municipale. »

Vigilance, mais pas suspicion

Et les retours d’expérience des villes où le dispositif est déjà en place abondent en ce sens. Dans les faits, 40 % des alertes concernent l’entraide. Personnes fragiles lors des fortes chaleurs. Objets trouvés. Informations utiles. Vie de quartier. Loin de l’image du voisin soupçonneux derrière son rideau, la plateforme souhaite afficher une vigilance bienveillante. L’équilibre est délicat.

Un outil déjà éprouvé

La plateforme existe depuis dix ans. Elle est détenue par une société privée. Selon les chiffres avancés, 84 % des communes équipées constatent une baisse des cambriolages. Et 90 % estiment que le dispositif réduit le sentiment d’insécurité. Déjà 1 000 communes ont sauté le pas. De Roubaix à Marseille. D’Antony à Ploemeur. En ce début d’année 2026, Narbonne rejoint la liste.

Encadrer pour éviter les dérives

Le coût pour la Ville s’élève à 19 000 euros sur deux ans. Une sorte d’abonnement qui permet en revanche une utilisation gratuite pour les habitants. La question des données, sensible, est encadrée : conformité RGPD, modération humaine sept jours sur sept, données hébergées en France. Et si l’auteur des alertes est anonyme pour les autres usagers, ce ne sera pas le cas pour les forces de sécurité municpales : l’inscription initiale nécessite de décliner son identité et de présenter un justificatif de domicile. Loin de l’anonymat et de ses dérives qui polluent les réseaux sociaux.

Un comité éthique et scientifique veille, par ailleurs, au bon usage de la plateforme. D’anciens représentants de l’État et des forces de l’ordre y siègent. Depuis 2021, Voisins vigilants et solidaires travaille aussi en lien avec la police nationale.

Une réponse à un climat

À travers ce dispositif, la municipalité assume une ligne : impliquer les habitants, sans basculer dans la surveillance généralisée. Faire de chacun un acteur, sans transformer la ville en poste d’observation permanent. Un équilibre fragile. Face aux entailles effectuées dans la tranquillité publique, « il y a deux mauvais réflexes : la résignation ou l’excès avec de la suspicion de partout. À Narbonne, on a choisi une troisième voie : le bon sens. Ce dispositif c’est une participation citoyenne à l’effort collectif« , défend le premier magistrat. Une application citoyenne au service des quartiers Un pari sur l’intelligence collective. Dans quelques mois, nous saurons s’il est relevé.

Arnaud Gauthier
Photo : le chef de la police municipale, Steve Gonzales, le maire, Bertrand Malquier, et le directeur de la sécurité et de la tranquillité publique, Michel Ricard. ©Ville Narbonne

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