Un pont, une conspiration, une arrestation

access_time Publié le 21/02/2022.

Il aurait sans doute vu le jour plus tard, mais il est bon de rappeler que Coursan doit son célèbre pont enjambant l’Aude à une inondation, une mésaventure royale, un complot et une arrestation ! Avec en 1642, comme tête d’affiche : le Cardinal de Richelieu.

De nos jours, il n’est pas rare de voir les habitants de Coursan jouer les badauds sur le pont du village et observer la montée de l’Aude lorsque des pluies diluviennes s’abattent sur le Narbonnais. C’est même une scène habituelle qui n’est pas sans rappeler un incident survenu au même endroit par… Louis XIII.

Machine à remonter le temps. Nous sommes en 1632. Sa Majesté le Roi Louis XIII et la reine Anne d’Autriche passent par Coursan pour se rendre à Narbonne. Ils traversent la rivière à gué, mais, en une heure de temps, le vent et la pluie s’en mêlent.

C’est l’inondation. Si le couple royal s’en sort sans dommage, des soldats de l’escorte sont emportés alors que des carrosses et des fourgons sont laissés sur les lieux.

Le conspirateur se cachait à Narbonne

Dix ans plus tard, ce n’est pas Louis XIII qui refait le même trajet, mais son Premier ministre, l’incontournable Cardinal de Richelieu. Ce dernier traverse à gué, toujours à Coursan, afin de rejoindre Narbonne.

Le but de son voyage n’a rien d’une visite de courtoisie à l’attention des Narbonnais. Il vient sur les bords de la Robine pour procéder à l’arrestation d’un certain Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, plus connu sous le nom de marquis Henri de Cinq-Mars.

Une correspondance secrète de celui qui est un des favoris de Louis XIII a été interceptée par la police de Richelieu qui a compris qu’un complot visant sa personne était en train de sa tramer.

La volonté des conspirateurs est de délivrer le roi de la tyrannie de son Premier ministre. Accompagné de François-Auguste de Thou, Henri de Cinq-Mars est arrêté à Narbonne le 13 mars 1642. Il se cachait chez une dame de petite vertu.

Cinquante ans d’attente !

On passera sur l’exécution du marquis à Lyon, par décapitation, le 12 septembre 1642 sur la place des Terreaux, pour revenir à la traversée de l’Aude à gué. Elle a sans doute marqué l’esprit de Richelieu puisqu’il a décidé qu’il fallait, exactement à cet endroit, construire un pont pour enjamber l’Aude et donc faciliter le passage par tous les temps.

La volonté du Premier ministre était une chose, la réalisation de l’ouvrage en était une autre. Il faudra attendre… le 1er décembre 1685 pour que les états généraux du Languedoc ne votent en faveur de la construction du pont de Coursan sur lequel il sera possible de circuler en 1706, plus de cinquante ans après la décision prise par Richelieu.

En 1852 a eu lieu une première restauration, alors que des travaux d’élargissement ont été entrepris en 1905.

Richelieu à Narbonne

En 1642, pendant le siège de Perpignan, le Cardinal de Richelieu fut atteint d’une affection aussi sérieuse que douloureuse. Il avait supprimé un flux hémorroïdal, mais à la suite duquel une série d’abcès survinrent au bras droit ; il ne pouvait plus écrire, ni même signer.

Il était alors alité au Palais des Archevêques à Narbonne. Quelques mois avant d’être emporté par une tuberculose pulmonaire en décembre de la même année.

(Ph. Nicolas Chaumaz)

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