Un Narbonnais dans l’enfer de Manhattan

access_time Publié le 11/09/2020.

Nous sommes le 11 septembre. Il y a dix-neuf ans jour pour jour, les images de New York faisaient le tour du monde

Dans le quartier du World Trade Center, un Narbonnais était alors un témoin effaré des attentats. Revivons le témoignage de Fabien Senaux, aujourd’hui à Londres, comme il le détaillait à l’époque.

Il est près de 13h en France, 7h à New York. Le jour se lève sur Big Apple. «Le ciel est super bleu mais il y a une barre de fumée. Hier aussi, le temps était magnifique. C’était une journée de rêve.» Fabien Senaux a toujours du mal à réaliser et les images se bousculent encore dans sa tête. D’autant qu’elles sont toujours largement relayées par le «live» de CNN. Ce Narbonnais, «exilé» aux States, a fêté ses trente ans lundi sans se douter qu’il allait vivre le lendemain une journée de cauchemar. «Mardi, un jour de business», comme il dit. Comme chaque jour, Fabien est passé en métro sous le World Trade Center pour se rendre à l’agence publicitaire où il travaille depuis maintenant six ans. «Quand je suis arrivé au bureau, tout le monde regardait les news à la télé. On voyait un des buildings en flamme mais on ne savait pas s’il s’agissait d’un accident ou d’un attentat.»

«Ehabis, sous le choc…»
Devant leur écran, les employés de l’agence ont vu le deuxième avion venir percuter la seconde tour. «On nous a alors demandé de rester dans les bureaux. Les bruits les plus fous circulaient», raconte-t-il. «On a entendu dire que le Pentagone avait été touché, que les États-Unis étaient attaqués. Que c’était la guerre!»

A ce moment, Fabien Senaux n’a eu qu’une idée en tête: quitter les lieux et retrouver son amie Irena qui travaille dix-sept rues plus loin. En direct à la télé, la première tour du World Trade Center s’est effondrée: «Je n’avais pas envie de rester au milieu des buildings d’autant qu’on est très près de l’Empire States Building qui aurait pu être une autre cible.»

Dans la rue, Fabien s’est retrouvé en plein chaos: «Il y avait quelques personnes qui couraient, qui pleuraient ou cherchaient quelqu’un mais la plupart des gens étaient ébahis, sous le choc.» De loin, il a assisté impuissant à l’effondrement de la deuxième tour au fond de Manhattan: «110 étages qui descendent d’un seul coup, c’est impressionnant.»

«On aurait dit la guerre»

A New York, un autre jour commence mais la ville est en état de choc. Mardi, en fin de journée, Fabien et Irena ont voulu se rendre compte. L’horreur était à la portée du regard et du coup d’oeil que l’on peut jeter sur Manhattan depuis Brooklyn. Fabien n’oubliera pas de sitôt cette vision apocalyptique: «A dix minutes du World Trade Center, on a une superbe vue sur le quartier et l’East River. Il n’y avait que quelques bateaux de police. La ville, c’était de la fumée et des flics. On aurait dit la guerre.»
Comme tous les New-Yorkais, Fabien a eu toutes les peines du monde à trouver le sommeil après une journée aussi irréelle. «Franchement, je pense qu’ici personne ne dort tranquillement. On a entendu des avions passer. C’était sans doute l’US Air-Force qui patrouillait», relate-t-il.

«La vie doit reprendre»

En ce début de matinée du mercredi, Fabien ne sait pas s’il pourra se rendre à son travail. Les flashes de CNN ne trompent pas.

Il n’a pas rêvé. «Le quartier des affaires est encore en flammes», soupire Fabien. Que faire? Lui va répondre à l’appel du président Bush: «Je vais sûrement aller donner du sang. Il y a pénurie et des milliers et des milliers de blessés. De toute façon, c’est apparemment la seule chose à faire.» Soulagé d’avoir pu rassurer sa famille à Narbonne, Fabien compte rester sur place: «Partir?
Si tout le monde quitte New York, ces gens-là seront vainqueurs. Par aucun moyen il ne faut leur laisser la victoire. La vie doit reprendre.» Longtemps, les images les plus terribles resteront toutefois gravées. «Quand tu penses ce qu’ont vécu les passagers des avions, les gens qui se jetaient du centième étage!» Comme l’absence étrange des tours jumelles, Fabien ne réalise pas. New York non plus.

Une vraie tendresse

Dix-neuf ans plus tard, il est sans doute difficile d’oublier ce jour qui a fait basculer le monde. Mais Fabien Senaux garde une vraie tendresse pour la ville qui ne dort jamais. Même s’il l’a quittée en 2007 pour Londres. «Je vais à New York en famille une fois tout les 18 mois en moyenne, voir des amis et revoir la ville où j’ai passé sept années merveilleuses.» On appelle cela garder le meilleur…

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