On l’appelait Monsieur d’Alet

access_time Publié le 09/09/2022.

De 1637 à sa mort en 1677, Nicolas Pavillon a dédié son apostolat à son évêché d’Alet dans la Haute Vallée de l’Aude en plaçant l’éducation au sommet de ses prérogatives.

Il aura marqué l’histoire de la petite cité de la Haute Vallée, mais il repose en toute discrétion dans le cimetière paroissial d’Alet-le-Bains. Sous une dalle sans nom. Pourtant, Nicolas Pavillon était aussi connu sous le nom de Monsieur d’Alet, village où il a rendu son tout dernier souffle le 8 décembre 1677 à 80 ans.

Rien ne prédisposait Nicolas Pavillon à devenir ecclésiastique et encore moins à passer l’essentiel de sa vie d’homme dans un coin perdu de l’Aude. Né d’une famille de parlementaires en région parisienne, il a effectué ses études au collège de Navarre puis à la Sorbonne.

C’est dans cette prestigieuse « maison » qu’il a commencé à étudier la théologie en compagnie d’un certain Vincent de Paul dont il deviendra non seulement le protégé mais aussi le bras droit. est un ecclésiastique français.

Un évêque peu docile

Notamment grâce à son mentor, tout s’est accéléré pour Nicolas Pavillon. Ordonné prêtre à 30 ans à peine, il impressionne son monde lors d’un Octave du Saint Sacrement. VIncent de Paul en appelle au Cardinal de Richelieu qui décide de le nommer dans la foulée évêque d’un tout petit diocèse : celui d’Alet dans l’Aude. En 1639, Nicolas Pavillon est officiellement sacré et il devient, selon ses propres termes, « évêque de village ».

Une fois installé dans la Haute Vallée, le tout nouvel évêque prend son rôle très au sérieux et met tout en œuvre pour imposer sa patte, quitte à froisser certaines susceptibilités. Qu’il organise un des conférences mensuelles pour redonner vie au clergé ou réunisse un synode, passe encore, mais qu’il cherche à réformer les mœurs, voilà qui ne plaît pas du tout aux chanoines de la cathédrale et à la noblesse locale.

Ce qui oblige le Conseil du roi à jouer les arbitres. Mais l’évêque d’Alet est turbulent et peu docile. D’une part, il ne reconnaît d’autorité suprême dans l’Église que celle des conciles et d’autre part il refuse de s’incliner devant les décisions du roi ou du pape qui empiètent sur ses pouvoirs. Quitte à se mettre à dos à la fois le clergé et la cour.

Il va créer des écoles pour filles

Réformateur dans l’âme, Nicolas Pavillon s’est aussi – et surtout – illustré pour ses talents d’éducateur. C’est ce qui aura marqué son long passage à Alet-les-Bains. Il exerça auprès des prêtres tout d’abord en les préparant au ministère, à l’évangélisation et à l’enseignement des populations pour la plupart montagnardes. Ainsi, il aura envoyé bon nombre de candidats à la prêtrise enseigner dans des écoles pour garçons.

Le diocèse de Nicolas Pavillon sera d’ailleurs unique en son genre dans toute la France car l’évêque atypique créera autant d’écoles pour garçons que d’écoles pour filles. Fait rare dans le pays à cette époque. Dans ces écoles pour filles, tenues par des régentes, on y enseignera, cinq heures par jour, le catéchisme, la doctrine chrétienne, la lecture et l’écriture ainsi que la couture et le filage.

Le complot

« Ce fut en 1663, vingt-quatre ans par conséquent après l’arrivée de Pavillon dans le diocèse d’Alet, que commencèrent ces différends singuliers. Chanoines peu zélés, mauvais prêtres, réguliers mendians et quêteurs, gentilshommes prévaricateurs et débauchés, jeunes gens plus amis de la danse que de la piété, se liguèrent en ce moment contre l’évêque et formèrent contre lui un syndicat dans toutes les règles. »

« Deux chanoines mondains, M. Ribes et M. de l’Estang, celui-ci doyen du chapitre d’Alet, et fils d’un conseiller de Grand Chambre au Parlement de Toulouse, jaloux l’un et l’autre de leurs privilèges et plus attachés à leur titre qu’à leurs fonctions, furent l’âme du complot » (Etienne Dejean, historien et directeur des archives nationales).

Après sa mort, Nicolas Pavillon est devenu héros de la cause janséniste. Le jansénisme est une doctrine théologique à l’origine d’un mouvement religieux, puis politique et philosophique, qui se développe aux XVIIe et XVIIIe siècles, principalement en France, en réaction à certaines évolutions de l’Église catholique et à l’absolutisme royal.

Gilles Séménou a consacré un ouvrage à Nicolas Pavillon en 1998 : Monsieur d’Alet, Nicolas Pavillon (1597-1677), un évêque janséniste en Pays Cathare. En 2012, Estelle Martinazzo s’est intéressée de près aux actions de l’évêque d’Alet dans La Réforme catholique dans le diocèse de Toulouse (1590-1710) pour sa thèse de doctorat en Histoire à l’Université Paul-Valéry de Montpellier III, 2012

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