le moulin de Brousses-et-Villaret perpétue la tradition de la fabrication artisanale du papier

access_time Publié le 01/02/2021.

Situé au pied de la Montagne Noire, le moulin de Brousses-et-Villaret perpétue la tradition de la fabrication artisanale du papier.

«Aujourd’hui c’est un de mes fournisseurs principaux, et quoi de mieux pour un artiste que d’utiliser les produits de qualité d’un artisan local plutôt que d’une entreprise quelconque. L’atelier papier plaira sans aucun doute à vos enfants, la boutique est très sympathique, l’accueil aussi.» Tel est l’avis du calligraphe Benjamin Rialtey qui ne manque jamais d’utiliser les services du moulin de Brousses-et-Villaret.

Si l’on fabrique du papier à cet endroit-là, c’est tout sauf le fruit du hasard. La raison, on la trouve à la fin du XIIe siècle quand le versant sud de la Montagne Noire était, grâce à ses nombreux cours d’eau, un lieu idoine de foulage. Les moulins à papier, alors nombreux, étaient tout simplement les plus réputés de toute la région du Languedoc.

Mieux : en plein essor de la production papetière, Brousse comptait une dizaine de moulins à papier au milieu du XIXe siècle et était une véritable plaque tournante en la matière dans la région. L’artisanat battait son plein. Avec l’industrialisation et le regroupement des usines modernes, ce fut moins le cas au début du XXe siècle. La perte de rentabilité entraîna la fermeture successive des moulins.
Faisons un bond d’un siècle pour retrouver Brousses, devenu de Brousses-et-Villaret après le rapprochement des deux entités voisines. Avec à sa tête André Durand, propriétaire et promoteur du site, le moulin a retrouvé sa fonction première : perpétuer et transmettre depuis sept générations de savoir-faire, en produisant des feuilles de papiers faits main dans la pure tradition artisanale.

Utilisées dans plusieurs domaines
Si, jusqu’à la moitié du XIXe, le papier était exclusivement issu de vieux chiffons et de cordage, le moulin de Brousses-et-Vilaret utilise aujourd’hui des chiffons de coton pour les papiers de couleur et des celluloses de lin, chanvre et alfa pour le papier blanc.

Parmi les matières premières, on trouvé également du très naturel : la cellulose extraite du crottin de cheval, la cellulose de paille de riz, de posidonie, de rafles de raisins….ou tout autre végétal.

Chaque jour sortent du moulin des feuilles de papier vergé à la forme à main de différents formats épaisseurs et grains.

On peut les utiliser dans plusieurs domaines qui vont de l’écriture et la gravure jusqu’à la typographie et l’encadrement en passant par le dessin, la reliure, la photographie, l’aquarelle ou encore l’imprimante à jets d’encre.

DR Cyril Durand
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