«L’Aude regorge de «petit» patrimoine»

access_time Publié le 26/03/2021.

Protéger et faire revivre les richesses de la Vallée de la Corneilla, dans le Limouxin : telle est la raison d’être de l’association Terre de Passage. Sa présidente Marie-Laure Cabanel, spécialiste en archéologie et histoire de l’art, se confie.

Parlez-nous brièvement de la Vallée de la Corneilla !

C’est une petite vallée qui serpente le long de la rivière de la Corneilla, nom à la consonance latine qui pourrait être en lien avec la villa d’un certain «Cornélius». Elle comprend des villages situés entre 10 et 20 mn de Limoux (Magrie, Roquetaillade-et-Conilhac, Bouriège, Bourigeole, Festes-et-Saint-André) qui vivent essentiellement de la viticulture et dont la population est bien mélangée, avec de nombreuses personnes venant d’autres départements ou pays, ce qui offre des possibilités d’ouverture, d’envies de développement en lien avec les expériences et visions diversifiées.

Quel genre de patrimoine peut-on y trouver ?
Du patrimoine naturel : au moins deux zones sont classées Espaces naturels sensibles (ENS) au département pour leur richesse botanique. Du patrimoine archéologique comme l’oppidum de Bouriège. Du patrimoine architectural et historique : château de Roquetaillade ou de Festes, églises romanes, ou encore le tracé de voies de circulation anciennes.

Comment est venue l’idée d’une association ?
C’est parti de la rencontre d’habitants de la vallée discutant de toutes les richesses du territoire qui n’étaient pas mises en valeur et utilisées pour dynamiser la vallée et plus largement le Limouxin. En général, le patrimoine remarquable est mis en avant, mais l’Aude regorge de «petit» patrimoine dans presque toutes les communes et qui ne demande qu’à revivre.

Quel est le rôle de Terre de Passage ?
Terre de passage se veut un facilitateur de lien entre les publics grâce au patrimoine et un accélérateur de projets pour que ce derrnier reprenne vie.

«Nous sommes complémentaires»

Quels sont les CV des personnes qui ont voulu se joindre à l’aventure ?
Nous sommes complémentaires. Dans le CA, en plus de moi – dont un article de La Dépêche explique le parcours en archéologie et histoire de l’art – nous avons un professeur d’histoire en collège, un docteur en histoire médiévale, une juriste, un ex-assureur, un artiste peintre, un paysan et un éducateur spécialisé. Notre président d’honneur est Jean Guilaine, qui nous fait l’amitié de nous soutenir. Il a d’ailleurs préfacé notre ouvrage de contes de la vallée de la Corneilla, paru en 2019.

En quatre ans, quels projets l’association a-t-elle portés avant de s’intéresser à Tournebouich ?
Tournebouich a été présent depuis l’origine de l’association mais le chemin a été long car il a fallu faire une convention avec la commune et nous avons également organisé un concours sur la fonction de ce lieu auprès des enfants et des adultes de la vallée.
Autrement, nous avons porté de nombreux projets, à la fois sur des sites mais aussi des événements. Pour tous ces projets, nous avançons avec d’autres associations partenaires de nos événements comme l’Arep (Association rurale pour l’éducation populaire), des communes et collectivités (comme le département) qui nous soutiennent, des services spécialisés comme la Drac.

Pourquoi s’être intéressé à cette église romane dont la toiture était effondrée depuis 40 ans ?
Cette église n’est plus consacrée, c’est-à-dire qu’elle ne sert plus pour le culte. Son utilisation peut donc être très variée, pour des activités culturelles, astronomiques, des stages, etc., ce qui est un atout. Sa position dans une charmante vallée et un peu en hauteur est un autre atout pour la qualité du site.

Que va-t-elle devenir au final ?
Le bas servira pour des expositions, des projections, des petits concerts, des stages. Le haut permettra des observations du ciel et des nombreux oiseaux. Il y a des refuges de la LPO à proximité.

«Un ensemble innovant
sur le secteur»

Qui a adhéré à ce projet porté par Terre de Passage pour en faire une sorte de projet commun ?
Les scolaires ont été impliqués dès le début du projet avec la participation à un concours sur la forme et la fonction à trouver pour l’église. Nos adhérent ont participé à des petits chantiers de nettoyage du site et du chemin d’accès. L’été dernier, nous avons été rejoints par des jeunes des Apprentis d’Auteuil et de l’IME Les Hirondelles à Limoux. La responsable départementale de la Fondation du patrimoine est très intéressée par le site et nous allons déposer un dossier de soutien. Les architectes du patrimoine qui nous accompagnent adhèrent au projet comme étant un ensemble innovant sur le secteur.

Combien cela va-t-il couter ?
Il faut compter environ 200 000 €. Certains postes nécessitent des interventions d’entreprises spécialisées (électricité, toiture), tandis que d’autres parties seront réalisées par des chantiers bénévoles : le petit toit du porche et celui de la sacristie et les joints intérieurs par exemple.

Qu’attendez-vous de la Tournée des Trois Sites ?
Le but est de faire le lien entre les sites par un cheminement pédestre tout en expliquant les avancées depuis quatre ans et l’histoire des sites. Nous avons décidé de faire la tournée en deux parties (la première a eu lieu le 18 avril entre Tournebouich et Bouriège, la seconde se déroulera en mai entre Bouriège et Roquetaillade). Le but est d’accueillir des marcheurs «tout public» et de prendre le temps des échanges. Une troupe de théâtre fera des intermèdes en se servant des textes de notre livre de contes.

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