L’Aude, mauvaise élève de la région concernant la qualité de l’eau

access_time Publié le 03/05/2021.

L’association de consommateurs UFC Que Choisir a compilé des données concernant la qualité de l’eau de tout le territoire français.

Si globalement la région Occitanie est dans la moyenne nationale, le département de l’Aude lui fait figure de cancre régional. Une situation qui préoccupe dans certains endroits en particulier.

Une eau de « bonne qualité »
sauf que…

Les relevés de données ont été réalisés par l’Agence régionale de santé, eux-mêmes compilés par l’UFC Que Choisir, afin de mettre en lumière le danger que peut représenter la situation sur la qualité de l’eau dans le département. Ainsi, si de manière générale, l’eau qui sort du robinet est de bonne qualité pour la plupart des communes et respecte la réglementation, il est important de signaler quelques exceptions.

De fait, la Montagne noire présente des analyses particulièrement inquiétantes. La qualité de l’eau y est rarement bonne, oscillant de « satisfaisante » à « médiocre » voire carrément « mauvaise ».

Dans plusieurs communes, l’eau est trouble et trop minéralisée. De même l’ouest de la Piège, autour de la commune de Belpech notamment, est particulièrement concerné avec une eau jugée « mauvaise » en raisons des traces de pesticides et nitrates constatés. À titre indicatif, la seule commune audoise où l’eau est estimée « très mauvaise » est celle de Cenne-Monestiès avec une eau trouble.

Ainsi, des traces de pesticides légèrement supérieurs ont été détectées tout comme du chlore et des matières organiques. Ces résultats de l’étude de l’UFC Que Choisir ne correspondent pas à celles publiées par le ministère de la Santé. Dans les communes concernées, l’eau apparaît comme « conforme aux exigences de qualité en vigueur » suite à des prélèvements effectués fin mars 2021. La situation se serait donc nettement améliorée depuis janvier 2019, soit moins d’un an après que l’Aude ait subi des inondations destructrices et meurtrières.

L’ombre de Salsigne

Pour rappel, pendant plus d’un siècle, la commune de Salsigne était un fleuron français de l’extraction d’or. Sa mine était la plus grande d’Europe et faisait vivre toute l’agglomération.

On y exploitait aussi l’arsenic extrait des roches, utile à la fabrication d’armes chimiques. Dans les années 1980, les déchets du monde entier affluaient sur le site pour y être brûlés dans ses fours très performants. En 2004, lorsque l’exploitation s’arrête définitivement, ces tonnes de matières toxiques sont entreposées là, parfois à l’air libre, dans la vallée de l’Orbiel.

Cette pollution à l’arsenic, au soufre ou encore au plomb, enflamme la région depuis plusieurs décennies. Elle a été reconnue comme responsable de plusieurs maladies graves ou mortelles développées chez les habitants et les anciens salariés de Salsigne.

Ainsi, les inondations meurtrières d’octobre 2018 ont entraîné l’écoulement d’arsenic et de différents métaux lourds le long de la vallée de l’Orbiel, polluant ainsi les sols de toute la zone.

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