La passion des santons d’Isabelle Raffort

access_time Publié le 11/12/2020.

Audoise depuis 1984, Isabelle Raffort, ergothérapeute à Lézignan, collectionne les santons et fabrique sa propre crèche qui envahit sa maison chaque année à la même époque. Elle nous dévoile sa passion.

D’où vous vient cette passion pour les santons et la crèche ?
Mes parents avaient une crêche depuis 1958 avec les fameux santons «Devineau»en plâtre et des santons «Jouve». C’était vraiment magique lorsque nous revenions de l’école de voir la crêche et le sapin, installés sur le buffet et éclairés. Le petit monde de Provence était chez nous.

Vous collectionnez les santons depuis longtemps ? Vous en avez combien ?
J’ai débuté ma propre crêche en 1987 avec des santons «Carbonel» 9 cm. Il y avait un magasin dans la rue de la république en Avignon. Je ne sais pas combien je possède de santons…je dirais entre 250 – 300 personnages sans compter tous les animaux. Certains ont dû rester dans leur boîte cette année pour première fois car j’en ai beaucoup et cela ne serait pas joli. Le nombre ne m’intéresse pas en fait. Ce qui me plaît ce sont eux que j’ai choisis et qui ont une histoire. C’est trop sympa ce moment où je les sors de leur enveloppe de papier, les redécouvre et les positionne. Je reviens souvent les orienter ou changer une place.

Vous connaissez beaucoup de santonniers ?
Ces dernières années, j’ai également rencontré des santonniers dans des salons. Ce sont des des artisans passionnés. Certains dans leurs ateliers sur Avignon. Pujaut aussi , Jo Silvano, Isoline Fontanille cet été. Ils n’hésitent pas à vous donner des conseils et des astuces de créations, de choix de peinture, d’outils, etc… Il y a donc d’autres santons que des «Carbonel» dans ma crêche. Il y avait d’ailleurs un santonnier à Bize Minervois dans les années 90.

« Chaque Santon a une histoire »


Trouvez-vous encore des santons qui peuvent vous surprendre ou vous émouvoir ?
J’ai le «défaut» d’aimer énormément mes santons . Chacun a une histoire, est un souvenir d’un lieu, d’une personne, d’envie ou un coup de coeur… J’inscris toujours la date dessous avec le lieu et le nom de la personne si c’est un cadeau. Ces deux dernières années, j’ai pu retrouver via Internet tous les vieux santons Jouve, Devineau et Fouque de mes parents. Les arlésiennes sont si belles ! Bref, là je commence à en avoir un peu beaucoup et vais carrément limiter les achats…C’est qu’ il faut pouvoir ranger et stocker tout ce petit monde…

«Fidèle à la crèche traditionnelle»

Combien de temps est-il nécessaire pour installer votre crèche ?
Une telle installation prend du temps! Trois semaines, peut-être et cela dépend aussi des bricolages que je veux ajouter ou modifier.
Oui, la crèche envahit ma petite maison et nous «campons» un peu dans la salle-cuisine. Mon compagnon est un précieux renfort pour installer la crêche entre les trétaux, les planches, les boîtes et le chantier lui-même.

Changez-vous les tableaux chaque année ou sont-ils immuables ?
Je garde la même structure désormais (plus de 4 m x 1 m) et les mêmes «tableaux» à quelques petites variations parfois. Je l’améliore chaque année en travaillant telle ou telle partie car ce ne sont pas les envies qui manquent mais plutôt la place. Donc pas de thème par année. C’est ma crêche c’est tout et je reste fidèle à la crêche traditionnelle des «pastorales» et à la Provence. Entre les santons ou les décors, certains viennent de mes voyages. Je les ajoute ou pas suivant la place.

Vous mettez un point d’honneur à fabriquer vos décors (magnifiques d’ailleurs). C’est une passion ?
C’est génial de calculer, réfléchir et créer. Les décors sont en polystyrène. «Santounette» et son blog m’ont beaucoup aidée et inspirée Je peux les ressortir chaque année. Je n’ai jamais modelé de personnage mais j’ai peint des santons «bruts». En revanche, j’ai fabriqué de nombreux animaux, cyprès, fontaine, pont, lavogne, étangs, murets, escaliers, église, roulotte, maisons, etc…
Ils en terre cuite car Je peux les faire cuire à la MJC de Lézignan. En découvrant le blog de «Santounette», j’ai libéré mes envies de décors. Exit le «papier rocher», la mare avec un petit miroir et la rivière en aluminium !

«J’ai envie d’acheter l’infirmière masquée»

La crèche 2020 est-elle visible du grand public ?
L’an passé, j’avais eu envie de partager et offrir la possibilité à tous de visiter ma crêche. 2020, le contexte est différent et je reconnais que ma crêche est faite surtout pour mon plaisir. Elle a un côté un peu «intime».

Avec la crise sanitaire, votre crèche a-t-elle une symbolique particulière ?
Pour ce Noël, j’ai envie quand même d’acheter l’infirmière «masquée» de la santonnière. Sans doute, je la commanderai car je suis soignante et la Covid nous gâche bien la vie. Sans parler de cette ambiance si particulière, de ces confinements, de cette crise économique massive , de cette crainte de l’attraper. C’est une réalité pas très drôle.

Le Livre des records, vous y pensez ? Un concours de crêche ?
Le Livre des Records ? Je n’ai même pas pensé à ça. D’ailleurs, ce n’est pas une collection mais ce sont mes santons….C’est comme ce que je fabrique : je suis incapable de vendre. J’en ai offert je ne sais combien…

En quoi une crèche vous émeut-elle ?
Voir d’autres crêches est très agréable. Rencontrer et échanger avec leurs créateurs aussi.

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