Jean Eustache, une œuvre restaurée

access_time Publié le 02/02/2022.

Grande nouvelle pour les amateurs du genre : les Films du Losange vont restaurer et rééditer l’œuvre du cinéaste Jean Eustache, disparu il y a 40 ans. Parmi ses films, deux ont été tournés à Narbonne dans les années 60 et 70.

Longs, moyens, courts-métrages, documentaires et films pour la télévision : le public pourra bientôt redécouvrir l’œuvre majeure du cinéaste Jean Eustache dont le chef-d’œuvre La maman et la putain (1973). Jean Eustache, disparu en 1981 était, selon Charles Gillibert, « le Rimbaud du cinéma français ». Celui que des « grands » de la trempe des Martin Scorsese ou Wim Wenders citent comme étant une de leurs références majeures.

« L’un des plus grands écrivains du cinéma français », va revenir sur le devant de la scène grâce à une rétrospective intégrale souhaitée par son flls Boris qui a confié l’ensemble de l’œuvre de son père aux Films du Losange, repris en juillet 2021 par Charles Gillibert et Alexis Dantec. Bonne nouvelle : c’est la fin du litige qui bloquait la diffusion d’une filmographie devenue rare, aussi bien en salle qu’en DVD ou à la télévision.

« Un cri de révolte rentré »

Né à Pessac en 1938, Jean-Eustache a passé une partie de son adolescence à Narbonne où, à l’âge de 13 ans, il a rejoint sa mère. Ce pan de vie sur les bords de la Robine auront marqué le réalisateur auteur de deux films tournés à Narbonne. Durant l’hiver 1965-66, il réalise, au pied des tours de Saint-Just en deuxième moyen métrage avec notamment des chutes du film de Jean-Luc Godard Masculin, Féminin.

Dans Le Père Noël a les yeux bleus, Jean-Pierre Léaud est Daniel, un jeune homme qui, voulant se payer un duffel-coat, accepte la proposition d’un photographe et se déguise en Père Noël pour poser dans la rue avec les passants. La musique est signée d’un jeune musicien audois de 25 ans. Le prometteur… René Coll.

Le film recueille ce qu’on appelle un succès d’estime mais il n’est pas éreinté par la critique si l’on se réfère aux écrits de Henry Chapier : « Qu’on aime ou non cet univers replié sur soi, macérant le « spleen » comme on mâche du tabac, Jean Eustache nous y emprisonne : les sentiments tirés – nous fussent-ils étrangers – sont peu à peu intégrés dans une réalité ; dès lors Le Père Noël a les yeux bleus devient autre chose qu’un simple spectacle. C’est une sorte de confession, d’élégie plaintive, un cri de révolte rentré. »

Avec Pialat et Caroline Loeb, puis la dépression

Huit ans après, Jean-Eustache pose à nouveau ses caméras dans la ville de son adolescence pour y tourner un film autobiographique sur le thème de sa jeunesse narbonnaise. Mes petites amoureuses, film quasiment muet (1974) ne fait au final que 120 000 entrées.

Il est néanmoins amusant de jeter un coup d’œil à la distribution et de constater que certains acteurs ont fait leur chemin depuis. On pense à Maurice Pialat, réalisateur que l’on ne présente plus (Sous le soleil de Satan), à Caroline Loeb, devenue chanteuse, à Pierre Edelman, producteur et un temps mari de Victoria Abril. Quant à l’assistant-réalisateur Denys Granier-Deferre, il signera plus tard Que les gros salaires lèvent le doigt, Réveillon chez Bob ou encore Pièce montée.

Jean Eustache, que l’on aura vu en tant qu’acteur dans L’Ami américain de Wim Wenders, s’est gravement blessé à la jambe, en mai 1981, lors d’une chute du haut d’une terrasse en Grèce. Condamné à boîter le restant de sa vie, en pleine dépression, il mettra fin à ses jours dans son appartement parisien, le 5 novembre 1981.

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