«Game Over» est le tout premier roman du Sallèlois Jean-Michel Nollevaux.

access_time Publié le 26/06/2020.

Ce photographe, ancien gendarme et également passionné d’informatique, s’est jeté à l’eau et a écrit un «polar». Un acte solidaire car il s’engage à reverser 1 € à la Croix-Rouge pour chaque ouvrage vendu. Rencontre.

L’écriture d’un premier roman, c’est une démarche particulière non ?
On n’apprend pas à écrire, car il n’existe aucune méthode. Un jour on se lance, on se jette dans l’écriture, avec le besoin de raconter une histoire, de donner vie à des personnages et de faire en sorte que l’ensemble soit captivant pour le lecteur, tout en restant cohérent. Je ne sais pas si l’écriture d’un premier roman fait appel à une démarche spécifique. La seule chose que j’ai découverte c’est que c’est une activité très chronophage, exigeante, mais tellement plaisante. Le peintre crée avec sa peinture, le romancier donne vie à des mots.

Comment avez-vous sauté le pas ?
J’ai eu l’idée de ce premier roman, voilà plusieurs années. J’en connaissais le début, les principales évolutions, et la fin. Les trois premiers chapitres avaient été rédigés. J’avais également entrepris un travail sur les personnages principaux, les autres viendraient au fur et à mesure de l’écriture du roman. Mais des activités professionnelles très prenantes m’ont longtemps empêché de poursuivre l’écriture de ce roman, bloqué à la page 80. L’écriture d’un roman réclame beaucoup d’assiduité, c’est un travail qui nécessite quotidiennement plusieurs heures, entre écriture proprement dite et documentation.

Le confinement a-t-il été, finalement, un précieux allié ?
Le Covid 19 est arrivé et avec lui une longue période de confinement. Ce fut un véritable désastre pour mon activité professionnelle, mais une aubaine pour le romancier qui sommeillait en moi. La période de confinement m’a offert le temps qui me manquait et m’a permis de consacrer cinq à six heures par jour à mon roman. Chaque journée me permettait d’écrire quatre nouvelles pages, parfois plus. En deux mois, le roman est passé de 80 à 280 pages. Aujourd’hui terminé, il totalise environ 340 pages.

«Marseille, sulfureuse et passionnante»

Votre premier ouvrage est un polar. Est-ce un hasard ou le fruit d’années passées dans les arcanes de la gendarmerie ?
Après plus de 25 années passées dans la Gendarmerie, dont plus des deux tiers comme officier de police judiciaire dans des unités spécialisées, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers le roman policier. Beaucoup d’auteurs de polar sont tentés par ce genre littéraire sans rien connaître de la police judiciaire et de ses règles. On voit alors surgir, dans leurs ouvrages, de nombreuses invraisemblances, comme les mandats de perquisition… qui n’existent pas dans notre pays. Être du métier, permet d’éviter ce genre de bourde et témoigne d’un vrai respect de ses lecteurs.

Le polar, justement, est-il un exercice difficile ?
Je serais tenté de répondre : tout dépend du polar. Certains sont plus faciles que d’autres à écrire ; lorsque l’histoire est linéaire et que les indices sont découverts au fur et à mesure de la lecture, la difficulté est limitée.
Dans «Game Over», mon premier roman, j’ai voulu offrir le rôle principal à un vrai journaliste d’investigation. Cela change du traditionnel commissaire de police. Bien que l’enquête progresse rapidement, chaque avancée introduit de nouvelles questions, augmentant ainsi la densité du texte. Le lecteur ne peut s’empêcher d’entrer dans l’histoire, au fur et à mesure des indices révélés. Seul un cadre précis permet de conserver une cohérence dans la progression de l’intrigue. La difficulté de l’exercice réside dans le fait de conserver en permanence une rigueur dans la chronologie des évènements.

Pourquoi l’intrigue se situe-t-elle à Marseille ?
Marseille est une ville que je connais bien. C’est une ville aussi sulfureuse que passionnante, qui a marqué à jamais l’histoire du grand banditisme. De Carbone à Spirito, en passant par la French Connection, c’est la scène idéale pour faire évoluer mes personnages.

Pourquoi avoir choisi de le publier à compte d’auteur ?
Avec la crise du Covid 19 et la période de confinement qui l’a accompagnée, les éditeurs ont perdu beaucoup d’argent. Dans les prochains mois, de façon tout à fait compréhensible, ils vont éviter les risques en ne publiant que des auteurs connus et reconnus, assurant ainsi un minimum de ventes. Déjà très difficile en temps normal, la publication d’un premier ouvrage se compliquera davantage dans les mois à venir. L’autoédition va donc me permettre de faire connaître mon livre, et si les ventes suivent, mes chances de trouver un éditeur s’en trouveront améliorées par la suite.

«Il y aura certainement un deuxième roman»

Ne craignez-vous pas qu’il reste, de fait, assez confidentiel ?
Certains auteurs ont fait le choix de commencer par l’autoédition. Je pense, par exemple, à Jacques Vandroux. Aujourd’hui, ils sont publiés par de grandes maisons d’édition. Ce n’est pas le canal de vente d’un livre qui fait ou non son succès. C’est sa qualité. Un bon livre se vendra bien, tandis qu’un mauvais restera confidentiel, et c’est bien ainsi. Un bon texte sera repéré par une maison d’édition qui cherchera à «recruter» l’auteur, source de ventes potentielles.

Entre la photo et l’écriture, votre cœur balance-t-il désormais ?
Le 1er janvier prochain je cesserai mes activités commerciales. Il y aura donc de la place pour les deux activités, ce sera une simple question d’organisation.

Vos compétences en matière d’image et du ressenti qu’elle peut entraîner ont elles joué au moment de composer la couverture ?
Assurément oui. Pour ce premier ouvrage, j’ai voulu créer moi-même la couverture, en sachant que si elle ne plaisait pas à mes amis ou ma famille, je confierai ce travail à un pro. Ma couverture a l’air de plaire, alors…

Envie de vous lancer dans l’écriture d’un deuxième roman ?
Le synopsis du second roman se met doucement en place dans ma tête.
Il y aura donc certainement un deuxième roman, mais son écriture ne commencera que lorsque je serai certain de tenir une histoire passionnante et originale. Je guette également, avec beaucoup d’attention, l’accueil que
les lecteurs réserveront à mon premier roman «Game Over».

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