François Bustillo : La vocation du prêtre face aux crises

access_time Publié le 18/03/2021.

François Bustillo, prêtre Franciscain a marqué les esprits lorsqu’il officié à St Bonaventure à Narbonne.
Aujourd’hui à Lourdes, il revient à Narbonne avec plaisir, joie et amour pour partager un moment avec les Narbonnais et pour présenter son nouveau livre.

  • Actuellement à Lourdes après plusieurs années passées à Narbonne, pouvez vous définir vos nouvelles fonctions ?
    Ma mission à Lourdes est centrée sur la Sanctuaire où je participe à la mission d’accueil surtout par les confessions, un beau ministère pour écouter l’autre et lui donner la force de Dieu dans la discrétion ; je veille sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables par l’accueil des signalements et le discernement ; et, enfin, je prêche des retraites un peu partout dans la période hivernale où la vie de Lourdes est plus calme.
  • Comment avez-vous vécu votre départ de l’Eglise de Saint Bonaventure de Narbonne ?
    Mon long séjour narbonnais m’a aidé à grandir par les nombreuses rencontres et par l’exercice de la responsabilité où, un être adulte aime, souffre et, surtout grandi. Alors, je suis parti serein, parce que je crois que j’ai donné les plus belles années de ma vie au service des personnes et, en même temps avec un effort de détachement puisque les liens créés étaient forts et beaux.

«Je garde des souvenirs merveilleux de ces moments.»

  • Vous avez marqué les esprits de nombreux fidèles, avez-vous gardé des contacts ?
    Oui, bien sûr. J’ai des liens d’amitié avec beaucoup de narbonnais. Aujourd’hui les contacts par mail, par téléphone, par Zoom ou Skype sont faciles. La distance physique n’est pas un obstacle. Les liens restent et derrière les personnes il y a toujours un partage de vie. Comme franciscain et prêtre j’ai eu le privilège de participer à des moments heureux et douloureux des narbonnais. Même si la pratique n’est pas très forte, l’Eglise est présente lors des moments bio-existentiels : naissance, mort, mariages, communions…
    Je garde des souvenirs merveilleux de ces moments.
  • La société actuelle traverse une crise sanitaire importante, quel est votre regard sur cette situation ?
    Nous vivons dans l’incertitude. Habitués à tout gérer et à tout organiser, ce temps nous permet de nous humaniser un peu plus. Nous ne sommes pas des robots. Cette crise nous montre que l’avoir, le pouvoir, le faire et le savoir ne font pas tout dans la vie. Cette crise nous montre que l’être a été souvent négligé, ce que nous sommes en vérité. Le personnage social nous pouvons nous le construire mais la personne telle qu’elle est nous devons la soigner. La nature garde ces mystères et nous surprend.
  • Vous venez de publier un livre comment l’idée de l’écriture vous est venue?
    A l’origine je voulais écrire mais sur d’autres sujets. Or, j’ai été invité à faire des formations et à prêcher des retraites pour les prêtres. Parler aux prêtres est exigeant. On ne peut pas leur dire des banalités. Alors, puisque j’ai travaillé sur le sujet je me suis dit que la réflexion pourrait être utile pour d’autres personnes.
  • Pouvez-vous nous parler de son contenu ?
    Je parle du moment génétique qui a fait du prêtre ce qu’il est, son ordination. A l’origine il y a un rite, des gestes et des paroles. Ce moment n’est pas juste un moment liturgique formel et protocolaire, il marque le début d’une mission. Le prêtre est touché dans son être profond.
    Dans notre société nous connaissons le « faire » du prêtre, ses réunions, ses messes, il est souvent débordé, les statistiques nous disent qu’ils sont peu nombreux…
    Mon idée c’est de parler de « l’être» du prêtre, de son onction, de cette force et cette joie qu’il a reçu non pas pour déprimer mais pour rayonner. La mission est importante mais elle est passionnante. Je veux encourager les prêtres à ne pas être juste des gestionnaires mais des visionnaires. Il ne faut jamais étouffer les désirs, les rêves et le potentiel présent en chacun, c’est, si vous voulez, la parabole des talents.

«…nous devons proposer des voies nouvelles plus justes et plus pacifiques…»

  • A qui s’adresse t il ?
    Il s’adresse aux prêtres mais aussi à tous ceux qui veulent mieux connaître les prêtres.
  • Quel est le principal message que vous souhaiteriez faire passer à nos lecteurs ?
    Que la vie est belle. Dans la vie il faut lutter et aimer, on n’a pas le choix. De la naissance jusqu’à la mort il faut se muscler intérieurement pour être solides et pas mous. La foi est ce GPS intérieur qui nous oriente vers tout ce qui est beau, vrai et bon. Notre société vit des tiraillements, je suis inquiet pour la violence idéologique dans la société, dans l’univers des réseaux sociaux, chez les jeunes. Nous ne pouvons pas nous limiter à constater, nous devons proposer des voies nouvelles plus justes et plus pacifiques. St François prêchait l’Amour. Je me retrouve dans ce besoin crucial. Sans l’Amour c’est la mort.
    La vie d’un franciscain et d’un prêtre est une maïeutique pour sortir l’être de l’autre, pour célébrer ce que chacun a de meilleur. Il y a trop de pudeur pour dire le bien. Alors, avec une certaine facilité on sombre dans le fatalisme ou le fanatisme. Pour moi, aujourd’hui dans notre société crispée, il faudrait être libre pour que chacun donne le meilleur de soi-même sans être conditionné par le regard des autres. Oui, je crois que nous manquons de liberté intérieure et d’aspirations. Alors, c’est le moment idéal pour déclencher l’audace et la créativité pour bâtir une vie relationnelle intelligente, ouverte et saine. L’impératif de Jésus « aimez-vous les uns les autres » est un sacré chantier pour réparer le monde. Allons-y !

François Butillo

Prêtre Franciscain conventuel, formé comme religieux à Padoue (Italie) et à l’institut Catholique de Toulouse. Il est actuellement supérieur du couvent de Lourdes, membre du conseil épiscopal du diocèse de Tarbes et Lourdes et délégué épiscopal à la protection des mineurs et des personnes vulnérables.

Frère François Bustillo présentera son livre lors de la conférence de carême le 21 mars 2021 à 15H30 à l’église St Bonaventure.

Vous pouvez également retrouver le livre à la Boutique St Just à Narbonne ainsi que lors de la conférence.

Vous pouvez aussi le retrouver sur le site de la FNAC https://livre.fnac.com/a15194265/FRANCOIS-BUSTILLO-La-vocation-du-pretre-face-aux-crises

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