1210, l’année noire pour les Cathares

access_time Publié le 24/07/2022.

Tout d’abord croisé en terre sainte puis bras armé de l’Eglise contre l’hérésie cathare, Simon de Monfort a fait régner la terreur dans l’Aude et s’est illustré – si l’on peut dire – par sa cruauté sans limite. Notamment au sein d’une terrible année 1210.

Le calme avant la tempête. La trêve hivernale de 1210 cache bien des choses en terre d’Aude. En perspective d’un printemps qui s’annonce terrible, Simon de Montfort a chargé sa femme, la Comtesse Alix, de renforcer son armée. Les ennemis de l’Eglise n’ont qu’à bien se tenir…

Au mois de mars, les Croisés ont une véritable armée à leur disposition. Simon de Montfort s’attaque au Lauragais où il va faire régner la terreur et semer la mort. Tout commence à Bram, village circulaire qui n’a que peu de moyens pour résister à la fureur des Croisés.

Aucun rempart pour contrer les attaques : la cité tombe après de très brefs combats. La cruauté de Simon de Montfort est alors sans limite. Accusé de trahison, un clerc français est traîné dans les rues du village, attaché à la queue d’un cheval avant d’être pendu pour l’exemple.

Yeux crevés, nez coupés

Pour l’exemple toujours, Simon de Montfort décide de venger la mort de deux chevaliers suppliciés quelques semaines plus tôt à Puisserguier. La vengeance est terrible : une centaine d’habitants de Bram sont réunis dans un même endroit…

On leur crève alors les yeux et on leur coupe le nez. Un seul d’entre eux est juste éborgné afin qu’il soit en capacité de conduire les habitants, atrocement mutilés, jusqu’à Cabaret et les trois châteaux de Lastours qui refusent toujours de se rendre.


Au début du mois de Juin, Simon de Monfort a jeté son dévolu aux confins de l’Aude. Loin en tout cas du Lauragais où il aura semé la terreur et la mort sans le moindre état d’âme. Sa cible : la place forte de Minerve qui, située sur un site escarpé, n’a rien à voir avec Bram.

C’est donc avec une garnison renforcée de Narbonnais et de Gascons que le baron se lance à l’attaque de ce contrefort aujourd’hui assiégé par les touristes. Au bout de sept semaines d’intenses combats, les habitants épuisés, sans vivre et bientôt sans eau potable, décident de se rendre.

Ceux qui se convertissement on la vie sauve. Pour les Parfaits qui refusent d’abjurer, la voie vers l’immense bûcher est toute tracée. Cent quarante martyrs seront ainsi brûlés vifs par les troupes de Simon de Montfort (représentation ci-dessous).

La guerre d’usure

La tactique de la guerre d’usure est également utilisée pour le siège de Termes dans les Corbières. Les quatre mois de lutte son terrible autant pour les assaillants que ceux qui cherchent à résister.

Les habitants finissent par capituler et Raymond de Termes paye le prix de cette résistance bien trop longue aux yeux de Simon de Montfort : il mourra dans un cachot de Carcassonne au bout de plusieurs années d’emprisonnement.

Ayant réussi à faire tomber l’imprenable château de Termes, Simon de Montfort se lance à l’assaut de la résidence des Vicomtes de Béziers : le château de Puivert qu’il conquiert en à peine trois jours, mettant un terme à une année 1210 sanglante et terrible pour les Cathares.

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