Cet Audois qui tenta de coloniser le Canada

access_time Publié le 13/01/2023.

Né à Carcassonne, Jean-François de La Rocque de Roberval a été un militaire fidèle à François Ier. Il s’est notamment illustré lors de la première colonisation du Canada.

Avec Jean-François de La Rocque de Roberval, on est un peu dans l’imprécision. On sait qu’il était le fils de Bernard de La Rocque, un militaire et ancien sénéchal de Carcassonne, sa ville de naissance d’une mère inconnue, aux alentours de 1495.

En matière de biens, Jean-François de La Rocque de Roberval était à l’abri du besoin car il possédait du foncier et de l’immobiliser disséminés aux quatre coins de la France. Ce qui lui a permis de se consacrer à sa carrière militaire qui lui a valu la célébrité que l’on connaît.

Les conflits ne manquant pas à l’époque, le natif de Carcassonne a vite pris l’habitude de voyager et de mener quelques campagnes sous les ordres de Robert de La Mark-Fleurange, maréchal de France et chef des armées de François Ier.

L’image du héros

On citera par exemple des combats en Italie contre les Espagnols, lesquels firent de lui un héros mais qui coûtèrent la vie à de nombreux soldats et à son mentor Robert de La Mark-Fleurange en 1536. Pas de quoi écorner l’image de Jean-François de La Rocque de Roberval auprès de la cour.

De retour en France, il se consacre à reconstituer son régiment originel avec le jeune fils de… Robert de La Mark. Un projet colonial au Canada est dans l’air du temps, même si, dans un premier temps, François Ier n’y est pas très favorable.

Cartier s’en va, il arrive

Une fois le feu vert donné, Jean-François de La Rocque de Roberval compte embarquer pour l’expédition dirigée par Jacques Cartier au milieu d’artisans, de colons et de soldats. La mission est complexe, ce qui amène Jacques Cartier à déléguer. Il choisit alors un homme rompu au commandement et spécialiste des fortifications.

C’est ainsi que Jean-François de La Rocque de Roberval est nommé lieutenant-gouverneur. Tout ne se déroule pas comme prévu. Craignant que le départ ne soit ajourné, le Carcassonnais envoie Jacques Cartier en éclaireur.

Ce dernier installe une colonie dans la région du Québec mais les conflits avec les Amérindiens et les Espagnols l’incitent à plier le camp au moment où Jean-François de La Rocque de Roberval est en route pour le Canada.

Assassiné dans un… cimetière

Ce dernier somme Jacques Cartier de rebrousser chemin. En vain. Il hérite donc d’une colonie abandonnée qu’il ne va pas tarder à délaisser à son tour. En France, la guerre fait rage avec les Espagnols et les Anglais, et François Ier lui intime l’ordre de rentrer à Paris où il lui confie immédiatement la dernière place forte au nord de la capitale : Senlis.

Jean-François de La Rocque de Roberval est impliqué dans tous les conflits en qualité de membre de l’état-major et ce jusqu’au traité de Cateau-Cambresis en 1559. Alors qu’il assiste à un enterrement au cimetière des Saints-Innocents, à Paris, le 18 avril 1560, il est assassiné.

Déficit de notoriété

Ses opinions religieuses anticléricales et favorables à la Réforme ont pesé lourd face à la renommée militaire et l’expédition canadienne. Ce qui explique que La Rocque de Roberval a eu du mal à entrer au panthéon des explorateurs et colonisateurs du XVIe siècle.

Il fallut attendre le XIXe siècle pour le voir émerger faiblement dans l’historiographie et après les années 1960 pour que l’on reparle à nouveau de lui dans la littérature historique publique.

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