Attentats de Carcassonne et Trèbes : deux ans déjà ont passé

access_time Publié le 27/03/2020.

Si l’instruction de l’enquête suit toujours son cours, voici déjà deux années entières qui se sont écoulées depuis la série de drames ayant coûté la vie à cinq personnes, dont le colonel Arnaud Beltrame.

La cérémonie d’hommage devant avoir lieu ce lundi 23 mars a logiquement été annulée au vu du contexte sanitaire.

Le périple meurtrier d’un radicalisé

Radouane Lakdim, né au Maroc le 11 avril 1992, était connu de la justice pour des faits de droit commun. Il a notamment été condamné en 2011 à une peine d’un mois de prison avec sursis pour port d’armes prohibé, puis le 6 mars 2015 à un mois d’emprisonnement pour usage de stupéfiants et refus d’obtempérer. Il a purgé sa peine en août 2016 à la maison d’arrêt de Carcassonne.

En 2016 et 2017, il a de nouveau été suivi par les services de renseignement, qui n’ont décelé aucun « signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l’acte terroriste », selon le procureur François Molins. Sa surveillance a alors été arrêtée.

Le terroriste qui a tué quatre personnes et blessé 15 autres avant d’être abattu par le GIGN le vendredi 23 mars 2018 dans un supermarché Super U de Trèbes, a été naturalisé en 2004 car son père était devenu français, avait affirmé une source proche de l’enquête à franceinfo. Il a été fiché S « en raison de ses liens avec la mouvance salafiste » à partir de 2014, toujours selon François Molins.

Un bilan humain très lourd, l’enquête suit son cours

Ce jeune homme radicalisé habitant Carcassonne tuait ainsi Jean Mazières au parking des Aigles de la Cité, avant d’abattre froidement Hervé Sosna et Christian Medvès au Super U de Trèbes, avant de blesser mortellement le colonel Arnaud Beltrame, ce dernier s’étant substitué à une employée du magasin que le terroriste avait prise en otage. Le courage du militaire a été salué unanimement salué, avec de nombreux hommages à titre posthume.

Depuis, l’enquête s’oriente désormais vers la théorie d’un « loup solitaire ». En l’état du dossier, s’il a bien fait allégeance à l’État islamique qui a revendiqué les attaques, Lakdim serait bien un terroriste « endogène », « inspiré » mais pas commandité par Daech. D’où la difficulté pour les enquêteurs de retrouver d’éventuels complices qui auraient pu participer directement ou indirectement à ce funeste projet.
Or, aujourd’hui ce sont un total de huit personnes qui ont été mises en examen.

Si le contexte de la pandémie occupe à juste titre la quasi-totalité de l’attention médiatique, il est nécessaire également de ne pas oublier les « anniversaires » d’événements récents, en particulier pour les victimes et leurs familles.

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