2023, année record d’inflation ?

access_time Publié le 12/01/2023.

Avec la nouvelle année, de nouvelles perspectives s’ouvrent notamment d’un point de vue économique. Cependant, si l’année 2022 a été celle du retour de l’inflation après plus de vingt ans de quasi absence, pas sûr que 2023 ne soit celle d’un retour à la normale…

Selon l’indice des prix à la consommation de l’Insee, la flambée des prix en France sur un an s’élève à 6,2%. Une inflation record depuis la guerre du Golfe en 1990, qui a atteint notamment les +7,1% au mois de novembre dernier. Si elle a depuis baissé en décembre, à +6,7%, les prévisions pour 2023 laissent à penser que la situation inflationniste est pour l’heure loin d’être terminée.

Ce n’est une surprise pour personne au vu du contexte, les secteurs les plus touchés par la hausse des prix ont été ceux de l’énergie et de l’alimentation. Pour le mois de décembre 2022, le coût des produits alimentaires a augmenté de plus de 12%. En novembre, l’inflation était déjà à ce niveau-là.

Concernant l’énergie, la hausse est vertigineuse puisque c’est une inflation de l’ordre de 15% qui est constatée sur le mois de décembre 2022. Pire, en novembre elle atteignait alors les 18,5%. Ainsi, si le bouclier énergétique a tant soit peu permis de réguler l’inflation en France, dans d’autres pays d’Europe, elle a atteint des niveaux très inquiétants.

C’est le cas en Allemagne, où l’inflation globale atteignait les 11,3% sur une année, mais aussi les états baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) où les prix ont augmenté de 21%, ou encore la Hongrie avec un taux record de 23%. Inutile de préciser que voir tous les prix augmenter de près d’un quart de leur valeur constitue une épreuve majeure à surmonter pour les gouvernements.

Un retour à la normale pas avant… 2025 ?

Une situation qui a évidemment un impact sur l’économie globale. Ainsi en 2022, la croissance moyenne annuelle en France s’est établie à 2,6%. En 2023, les estimations laissent à penser qu’elle se contracterait à 0,3%. Selon de nombreux économistes, 2024 et 2025 seraient des années de reprise économique.

Un PIB qui repartirait alors avec une croissance de 1,2% en 2024 (inflation estimée à un indice de 2,5%) puis 1,8% de croissance en 2025 (indice inflation de 2,1%). De même, si les prix des biens de consommation peuvent continuer à légèrement grimper en 2023, il n’y aura pas de baisse avant l’été.

La Banque de France quant-à-elle se voulait bien plus pessimiste en matière de prévisions. La croissance serait ainsi négative en 2023, oscillant entre -0,3% et -0,8%. Le taux de chômage pourrait également augmenter d’un point d’ici 2024, pour atteindre les 8,3%. Tous s’accordent en revanche pour désigner 2025 comme l’année de reprise économique.

Et le reste du monde dans tout ça ?

Première puissance mondiale, les Etats-Unis ont vu leur prévision de croissance fortement revu à la baisse par la Banque mondiale. Estimée à 3% en juillet dernier, elle s’établiera finalement autour des 1,7% au final pour le début d’année 2023. En contradiction, l’agence Schroders quant-à-elle évoque carrément une récession du PIB qui pourrait s’élever à -1%.

Du côté de l’inflation, les effets sont moindres qu’en Europe (+3,1%), les Etats-Unis bénéficiant de réserves énergétiques incomparables, limitant notamment les impacts de la guerre en Ukraine sur sa propre économie. Les prévisions précédentes tablaient cependant sur un taux à 2,8%.

La Chine, au cœur de toutes les préoccupations, voit sa situation particulièrement incertaine d’un point de vue économique. Si l’inflation est particulièrement maîtrisée (+1,6% en décembre 2022), la fin de la politique de zéro covid, liée au nombre de cas qui explosent, laissent planer le spectre d’une baisse de la consommation. Un ralentissement global de l’économie chinoise qui devrait se situer en moyenne sur l’année 2022 autour des 3%. Une situation qui ne devrait pas trop évoluer en 2023.

La guerre en Ukraine n’est pas l’unique cause d’inflation

Si depuis février 2022, l’intervention militaire russe en Ukraine fait monter les prix de nombreuses matières premières (pétrole, gaz, huile, blé), la baisse des exportations ukrainiennes en parallèle, tarit l’offre sur les marchés et pousse les prix à la hausse. Par ailleurs, les sanctions contre la Russie obligent de nombreux pays à réorganiser leurs approvisionnements, un processus complexe et coûteux.

De même, la levée des restrictions liées au Covid, les prix de l’énergie ont massivement grimpé. Les prix à la consommation du gaz, des carburants et dans une moindre mesure de l’électricité ont fortement augmenté en France entre décembre 2020 et octobre 2021 (respectivement de 41%, 21% et 3%).

Une tendance se poursuit en 2022 : l’énergie est, pour plus d’un tiers, la principale composante du taux d’inflation. L’épuisement des énergies fossiles, ainsi que la transition écologique vont continuer à mettre les prix de l’énergie sous pression.

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